Quartier des Archives : le Marais des ateliers

Il existe un Marais des cartes postales — la place des Vosges, les boutiques, la file devant les falafels — et un autre, à deux rues de là, où les ateliers ont tenu. Le quartier des Archives, l’un des quatre quartiers administratifs du 3e arrondissement, appartient à la seconde catégorie : c’est là que subsistent encore des cours d’artisans, des enseignes de métiers et des plaques d’ateliers au fond des passages.

Pour qui veut le parcourir méthodiquement plutôt qu’au hasard, les quartiers de Paris en visite guidée sont listés un à un, avec les lieux qui valent qu’on s’y arrête.

Pourquoi ce quartier a gardé ses ateliers

Le Marais a été épargné par les percées haussmanniennes. Là où d’autres quartiers ont vu leurs parcelles fusionnées pour bâtir des immeubles de rapport, celui-ci a conservé son découpage médiéval : des lanières étroites et profondes, avec un bâtiment sur rue, une cour, puis un second bâtiment au fond.

Cette forme a une conséquence directe sur les métiers qui s’y installent. Le fond de cour, mal éclairé et difficile d’accès, ne vaut rien comme commerce mais convient parfaitement à un atelier. Bronziers, doreurs, relieurs, puis maroquiniers et bijoutiers s’y sont succédé pendant deux siècles. Certaines de ces cours sont encore actives.

Ce que l’on remarque en marchant

  • Les portes cochères. Leur largeur dit la destination d’origine : assez haute pour une voiture attelée, c’est un hôtel particulier ; plus basse et plus étroite, c’est un immeuble d’artisans.
  • Les plaques de métier. Émaillées ou gravées, souvent à demi effacées, elles signalent des activités disparues. On en trouve encore une dizaine dans le secteur.
  • Les hauteurs de fenêtres. Un atelier a besoin de lumière : les baies y sont plus grandes, parfois doublées sur deux niveaux, ce qui rompt la régularité des façades.
  • Les traces de commerce. Devantures en bois conservées, seuils usés, anneaux d’attache : autant d’indices d’une rue qui vivait autrement.
A lire aussi :  Décorer une petite chambre d'ado : idées et astuces

Les Archives nationales, au centre

Le quartier tire son nom de l’hôtel de Soubise et de l’hôtel de Rohan, qui abritent les Archives nationales. L’ensemble est vaste, ouvert sur des jardins, et donne le meilleur exemple de ce que les artisans imitaient à leur échelle : mêmes cours, mêmes enfilades, mêmes proportions, avec des moyens sans commune mesure.

Les visiteurs qui veulent replacer cette promenade dans une journée plus large trouveront des itinéraires assemblés du côté des visites guidées dans Paris, qui relient plusieurs quartiers plutôt qu’un seul.

Un quartier à parcourir lentement

Rien ici ne se voit depuis un bus ni derrière une vitre. L’essentiel est au fond des cours, sur les linteaux, dans des impasses de quinze mètres. C’est un secteur où marcher lentement change tout, et où un commentaire fait gagner beaucoup : un guide privé dans Paris construit le parcours à la demande, avec des guides-conférenciers diplômés d’État.

Questions fréquentes

Le quartier des Archives, c’est le Marais ?

C’est l’un des quartiers administratifs qui composent le Marais, dans le 3e arrondissement. Le Marais n’est pas un découpage officiel : il recouvre plusieurs quartiers répartis sur le 3e et le 4e.

Peut-on entrer dans les cours d’artisans ?

Certaines sont ouvertes en journée, d’autres fermées par un code. Celles qui restent accessibles le sont parce que des commerces ou des ateliers y travaillent : on y circule discrètement, sans photographier les lieux privés.

Combien de temps faut-il pour en faire le tour ?

Une heure et demie à deux heures pour l’essentiel. Le secteur est petit, mais il se parcourt en zigzag : les distances comptent moins que le nombre d’arrêts.

A lire aussi :  Ambiance cocooning : les clés d'un intérieur chaleureux

Le quartier est-il intéressant hors période d’ouverture des musées ?

Oui, puisque tout ce qui fait son caractère est dans la rue. C’est même le bon plan de début de matinée, avant l’affluence des commerces.

Retour en haut